TL;DR

J'ai publié sur GitHub ma boîte à outils open source de réponse à incident (DFIR) : les programmes que j'utilise pour analyser un poste compromis, leur rôle, et la frontière que je ne franchis jamais. Transparence assumée, zéro donnée client, défense d'abord. Référencé Cybermalveillance.gouv.fr.

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Pourquoi je publie mon arsenal cyber en open source

Les outils open source de réponse à incident que j'utilise pour analyser un poste compromis, posés en clair sur GitHub. Pas la clé d'intervention, pas une seule donnée client : les outils, et la logique derrière.

🛡 Référencé Cyber.gouv.fr 🔍 Défense d'abord 📂 Outils open source 🔒 Zéro donnée client

📅 19 juin 2026  ·  ✍️ Julien Guézennec  ·  ⏱️ 7 min

J’ai mis ma boîte à outils open source de réponse à incident sur GitHub. Pas la clé d’intervention, pas une seule donnée client : juste les programmes que j’utilise pour analyser un poste compromis, et la logique qui décide lequel sortir, quand, et pourquoi.

Dans l’article sur ma clé First Responder, j’ai écrit que je ne donnais pas la liste des binaires, et que c’était volontaire. Je le maintiens : la clé est un outil de terrain, avec une méthode qui s’opère, ça ne se distribue pas en libre-service. Mais il y a une autre moitié de l’histoire que je peux montrer sans rien risquer pour personne : avec quels outils open source de référence je travaille. Alors je l’ai publiée, en clair.

Pourquoi rendre ça public

Trois raisons, dans cet ordre.

La transparence. Quand quelqu’un me confie un poste piraté, il me fait confiance sur parole : il ne voit pas ce que je fais sous le capot. Montrer mes outils, c’est rendre ce travail vérifiable. Un confrère peut s’en inspirer, un client peut juger du sérieux de la démarche. La transparence, c’est la moitié de la confiance.

La clarté. Le marketing de la cybersécurité adore le brouillard : des menaces partout, des boîtes noires, du jargon qui impressionne. Je préfère l’inverse. Des outils nommés, leur rôle expliqué simplement, et une frontière nette entre ce qui se partage et ce qui ne se partage pas.

L’éthique du métier. Ces outils sont à double usage : entre de bonnes mains ils réparent, entre de mauvaises ils nuisent. Le dépôt met d’ailleurs en exergue, dans son cadre d’usage, une phrase de Rabelais, « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Ce n’est pas une citation décorative, c’est la règle de la maison.

Sur la transparence comme posture, j’assume des influences : George Orwell pour la clarté du langage contre la novlangue, Julian Assange pour le droit de savoir, y compris ce qu’on fait de vos données. Appliqué à mon échelle, ça donne une règle simple : mes outils sont publics, vos données ne le seront jamais.

La frontière que je ne franchis pas

Le dépôt public ne contient que des pointeurs vers des outils déjà publics, plus ma documentation. Aucun code recopié, et surtout aucune donnée de victime, jamais, même dans un dépôt privé. Les éléments d’un dossier (captures, journaux, images disque) restent en local, chiffrés, séparés. Un prestataire référencé Cybermalveillance.gouv.fr n’expose pas les affaires de ses clients sur Internet, point.

Source n'est pas usage. Le dépôt épingle des versions de référence ; l'analyse réelle, elle, se fait sur une station saine et isolée, contre une copie des données collectées, jamais en branchant un outil sur la machine de travail qui contient des dossiers clients.

Ce qu'il y a dedans : les outils open source de réponse à incident

Sept outils open source, tous sous licence libre (MIT, GPL, AGPL, Apache, MPL), classés par ce qu’ils servent, pas par éditeur. En clair :

  • Lire les journaux de Windows. Une machine garde la trace de presque tout ce qui s’y passe. Hayabusa et Chainsaw transforment ces journaux bruts en une chronologie lisible des évènements suspects : quel programme, quand, depuis où. Chainsaw va même fouiller la trace laissée par les fichiers eux-mêmes.
  • Débusquer ce qui se relance tout seul. Un malware sérieux veut survivre à un redémarrage : il se planque dans une des dizaines d’endroits prévus pour lancer des programmes au démarrage. PyrsistenceSniper inspecte plus d’une centaine de ces planques, hors ligne, sans rien modifier.
  • Le volet téléphone. Quand un smartphone est dans la boucle (compte piraté, soupçon de logiciel-espion ou de stalkerware), MVT et AndroidQF, développés par Amnesty International, cherchent ces traces sur Android et iOS, avec l’accord de la personne concernée.
  • Regarder la machine vivante. System Informer (l’héritier de Process Hacker) montre en temps réel ce qui tourne : processus, connexions réseau, services. Le complément interactif de la collecte automatisée.
  • L’annuaire. awesome-incident-response est un index de référence des outils du domaine, pour ne jamais réinventer la roue.

Je ne détaille pas chaque option de chaque programme, et c’est voulu : ce qui compte pour vous, ce n’est pas le nom d’un binaire, c’est qu’il y ait une logique claire et quelqu’un qui sait lequel sortir, quand, et pourquoi.

La méthode passe toujours avant les outils

Un outil sans doctrine, c’est un dépanneur qui « réinstalle tout » et efface les preuves au passage. Ma règle tient en trois mots, dans cet ordre, non négociable : préserver, analyser, remédier. Empreinte numérique avant et après pour prouver que rien n’a été altéré, travail sur copie, constat factuel sans jamais accuser personne, périmètre strict (matériel perso ou autorisé). Je l’ai détaillée dans l’article sur ma clé d’intervention, je ne la refais pas ici. Le dépôt, c’est l’outillage de cette méthode, rendu lisible.

« Et l'offensif, alors ? »

Honnêteté : oui, j’ai aussi des outils offensifs (tests d’intrusion, red team). Ils servent uniquement sous mandat écrit, en lab, et je les garde dans un dépôt privé séparé. Le dépôt public, lui, est défense d’abord : du constat, de la préservation, du nettoyage. C’est cohérent avec mon métier de tous les jours, qui n’est pas d’attaquer des systèmes mais d’aider des gens dont le poste, le site ou les comptes viennent de tomber.

Voir le dépôt

Il est là, ouvert : github.com/molokoloco/cybermalveillance. Vous y trouverez la liste des outils, leurs licences, le cadre d’usage, et même la trace d’un outil que j’ai évalué puis écarté : détecté comme cheval de Troie par l’antivirus, doublé d’un mécanisme d’injection caché, je l’ai rejeté et signalé à la sécurité de GitHub. La transparence vaut aussi pour ce qu’on refuse.

github.com/molokoloco/cybermalveillance Page GitHub du dépôt open source molokoloco/cybermalveillance : 7 outils DFIR en submodules (Hayabusa, Chainsaw, MVT…), licence, défense d’abord

🛡 Open source · Défense d’abord

molokoloco / cybermalveillance

Ma boîte à outils de réponse à incident (DFIR), publique sur GitHub. Forkez-la, lisez le code, auditez : 7 outils défensifs, leurs licences, et le cadre d’usage.

🛡 Défense d’abord 🔍 7 outils DFIR 🔒 Zéro donnée client 📄 Licences libres
Voir le dépôt sur GitHub →
$ git clone --recurse-submodules https://github.com/molokoloco/cybermalveillance.git

Questions fréquentes

Vous donnez vos outils / votre clé ?

Les outils du dépôt public sont déjà open source, vous pouvez les récupérer chez leurs auteurs. Ma clé d'intervention, elle, ne se distribue pas : c'est un outil de terrain avec une méthode qui s'opère. Ce que je partage volontiers avec un confrère, c'est l'organisation et la doctrine.

Publier ces outils, ce n'est pas dangereux ?

Le dépôt public ne contient que des outils défensifs (analyse, forensic), déjà publics et largement utilisés par les équipes de sécurité. Pas d'armes offensives. Et zéro donnée client, par principe.

C'est légal, tout ça ?

Oui, dans un cadre défensif et autorisé : j'interviens sur du matériel personnel ou avec autorisation écrite, je fais un constat factuel, et je reste dans mon rôle de prestataire (distinct d'un expert judiciaire). Si l'analyse ne révèle aucune compromission, je le dis : c'est un résultat, pas un échec.

Mon poste est peut-être infecté, je fais quoi ?

Trois réflexes : ne redémarrez pas, ne lancez pas dix antivirus, coupez le réseau. Et si on vous a poussé à installer un logiciel de prise en main à distance, méfiance, c'est souvent une arnaque au faux conseiller. Ensuite, contactez-moi.

Un poste compromis, un site piraté ?

Pas de baratin, pas de bla-bla : un seul interlocuteur, un devis avant d'agir. Intervention en moins de 24h, sur site en Île-de-France ou à distance partout en France.

Un post de...

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Julien Guézennec

Développeur web full stack senior basé à Pantin (93), créateur du studio julienweb.fr. Expert en conception digitale depuis 1998, il accompagne entreprises, startups et indépendants dans la création de sites web sur-mesure, performants, responsives et orientés UX. Il maîtrise l'ensemble de la chaîne web : développement front et back-end, WordPress, SEO, accessibilité, design UI, datavisualisation, IA et web 3D.

Disponible à distance ou en présentiel (Paris / Île-de-France) Contact : julien.guezennec@gmail.com Page de profil : Julien Guézennec, c'est qui ?

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Julien Guézennec

Développeur web full stack senior basé à Pantin (93), créateur du studio julienweb.fr. Expert en conception digitale depuis 1998, il accompagne entreprises, startups et indépendants dans la création de sites web sur-mesure, performants, responsives et orientés UX. Il maîtrise l'ensemble de la chaîne web : développement front et back-end, WordPress, SEO, accessibilité, design UI, datavisualisation, IA et web 3D.

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