Quelqu’un s’est présenté comme le service fraude de votre banque, a annoncé une opération suspecte, et vous a demandé de la « bloquer » en validant une notification dans votre application. En validant, vous avez en réalité autorisé l’opération. Ici, chaque minute compte.

Vous êtes en train de le vivre ? N'attendez pas la fin de cette page. Appelez le 06 61 75 64 98, je vous dis quoi faire dans les cinq minutes qui suivent, gratuitement.

Prestataire référencé cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif national d'assistance aux victimes.

Ce qui s’est passé exactement

La notification de votre application bancaire (SécuriPass, Sécur’Pass, Certicode, Pass Sécurité selon les banques) sert à confirmer que c’est bien vous qui agissez. La valider à la demande d’un tiers, c’est autoriser ce tiers à agir à votre place : un virement, l’ajout d’un bénéficiaire, une hausse de plafond.

Aucune banque ne vous appellera jamais pour vous demander de valider une notification en direct au téléphone. C’est le seul repère à retenir, et il suffit.

Que la personne ait connu vos informations ne prouve rien : elles circulent après des fuites de données. Que le numéro affiché ait été celui de votre banque non plus : il s’imite en deux clics. Si vous voulez le détail du mécanisme, je l’ai décortiqué dans cet article.

La première heure, dans cet ordre

  1. Rappelez votre banque par le canal officiel : le numéro au dos de votre carte, ou votre espace client habituel. Jamais le numéro reçu par téléphone ou par SMS.
  2. Demandez explicitement : opposition, suspension de l’application, et annulation des virements émis, parfois encore possible s’ils sont récents.
  3. Supprimez tout bénéficiaire que vous ne reconnaissez pas dans votre espace client.
  4. Changez le mot de passe de votre espace client et le code de l’application, depuis un appareil sain.
  5. Refusez tout nouveau rappel : un faux « service remboursement » suit très souvent dans les 24 à 72 heures.

Les démarches qui comptent ensuite

Déposez plainte, en commissariat, en gendarmerie, ou par pré-plainte en ligne. Le récépissé est en général exigé par la banque pour instruire votre dossier : sans lui, rien n’avance.

En cas de refus de remboursement, la saisine du médiateur bancaire est possible et gratuite. Sous la réglementation européenne DSP2, la banque doit démontrer une « négligence grave » de votre part pour refuser de rembourser une opération non autorisée. Une validation obtenue par manipulation n’en est pas systématiquement une : ce point se plaide.

Ce que je peux faire, et ce que je ne peux pas

Autant être direct : la récupération des fonds dépend de votre banque et du médiateur, pas de moi. Personne ne peut vous la promettre, et méfiez-vous de quiconque le ferait.

Ce sur quoi j’interviens réellement : sécuriser votre identité numérique si des données ont fuité, vérifier votre ordinateur ou votre téléphone si un logiciel d’accès à distance a été installé pendant l’appel, et vous aider à constituer un dossier solide, y compris la lettre au médiateur.

Les canaux officiels, gratuits

Quel que soit votre choix pour la partie technique, ces démarches valent la peine : elles alimentent les statistiques nationales, permettent parfois de bloquer un circuit, et constituent votre dossier.

  • cybermalveillance.gouv.fr et le 17Cyber : le dispositif national d’assistance, gratuit, qui vous oriente.
  • Pré-plainte en ligne puis dépôt en commissariat ou gendarmerie. Le récépissé vous sera demandé par la banque et par l’assurance.
  • Signalement PHAROS pour les contenus et sites frauduleux.
  • 33700 par SMS pour les SMS et appels frauduleux.

Vous n'avez pas à démêler ça tout seul

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