TL;DR

J'ai écrit deux feuilles pour une formation en intra, devant des gens qui n'avaient jamais ouvert un outil d'IA : un glossaire de 50 mots rangés par ordre d'utilité, et un aide-mémoire de l'outil que j'utilise tous les jours. La première ne se périmera pas. La seconde, si, et c'est écrit dessus. Les deux sont ici en PDF, libres, sans inscription.

Glossaire IA · téléchargement libre

Glossaire de l'IA et aide-mémoire Claude : deux feuilles à garder

50 mots rangés par ordre d'utilité, et l'aide-mémoire de l'outil que j'utilise tous les jours. Deux PDF écrits pour une formation, libres et sans inscription.

7 septembre 2026·Julien Guézennec·12 min de lecture

D'où viennent ces deux feuilles

Écrire pour ce public change tout. On ne peut rien supposer connu, on ne peut pas se rattraper avec une capture d'écran, et chaque définition doit tenir en une phrase qui dit à quoi le mot sert, pas d'où il vient.

Deux pièces en sont sorties, et elles ne se ressemblent pas :

  • Le glossaire de l'IA, 50 mots, 6 pages. Il ne parle d'aucun produit. Il tiendra dans dix ans.
  • L'aide-mémoire Claude, 8 pages. Il ne parle que d'un produit, à une date. Il se périmera, et la date est imprimée dessus.

Cette asymétrie est volontaire, et c'est la vraie idée de cet ensemble. Les mots durent. Les noms de commandes, non. Confondre les deux, c'est ce qui fait qu'on réapprend l'IA tous les six mois au lieu de capitaliser.

Pourquoi le glossaire n'est pas rangé par ordre alphabétique

Un alphabet est un rangement d'archiviste. Il met « Embeddings » avant « Prompt », et « Agent » en première page devant quelqu'un qui n'a pas encore compris ce qu'est un modèle.

Celui-là est rangé par ordre d'utilité, en six sections :

SectionCe qu'elle contientQuand elle sert
1. Les mots de l'écrannavigateur, onglet, compte, serveur, CSV, Markdownavant même de parler d'IA
2. Le socleles neuf mots du premier jourtout de suite
3. Travailler avec13 mots de la pratiquedès qu'on produit pour de vrai
4. Douter5 mots du contrôleà chaque relecture
5. Le secret et le droit8 mots de gouvernanceavant de déposer quoi que ce soit
6. Les mots qu'on entend passer8 mots de vitrinele jour où quelqu'un les emploie pour vous impressionner

La section 1 est celle qu'on oublie toujours d'écrire. Elle ne parle pas d'IA du tout : navigateur, onglet, compte, serveur. On ne peut pas expliquer une fenêtre de contexte à quelqu'un qui n'a pas le mot « onglet », et un support qui saute cette marche perd son lecteur avant la page 2.

La section 6 est celle dont je suis le plus content. Elle existe pour dire qu'un mot entendu n'est pas forcément un mot important. Quand un prestataire sort « fine-tuning » et « base vectorielle » dans une réunion, savoir que ces mots servent rarement vaut mieux que savoir les définir.

Les neuf mots du premier jour

Voici la section 2 en entier. Si vous ne lisez rien d'autre de cet ensemble, lisez ces neuf lignes.

MotCe que ça veut dire
IA générativeUn programme qui produit du contenu neuf (texte, image, son) au lieu de classer ou retrouver du contenu qui existe déjà.
LLMLarge Language Model, grand modèle de langage. Le moteur derrière ChatGPT, Claude, Gemini. Il prédit le mot suivant, puis le suivant, indéfiniment.
PromptCe que vous écrivez. Littéralement « invite ». C'est une commande formulée en langue courante, pas une question posée à quelqu'un.
TokenL'unité que le modèle manipule : ni un mot ni une lettre, un fragment. En français, environ 3 caractères. Une page A4 pèse 500 à 700 tokens ; un PDF brut, jusqu'à 3 000 la page.
ContexteTout ce que le modèle a sous les yeux à un instant : votre message, l'historique du fil, les fichiers déposés. Mesuré en tokens. Au-delà, il oublie ou il tronque, sans le dire.
HallucinationUne réponse fausse énoncée avec exactement la même assurance qu'une réponse juste. Ce n'est pas une panne : c'est le fonctionnement normal, appliqué à une question dont le modèle n'a pas la réponse.
ModèleLa version précise du moteur. Un même service en propose plusieurs, du rapide et bête au lent et fin. Le choix du modèle change plus le résultat que la formulation du prompt.
MultimodalUn modèle qui accepte autre chose que du texte en entrée : image, PDF, son, vidéo.
Génératif ou rechercheUn moteur de recherche vous dit trouver. Une IA générative vous donne une réponse, sans garantie qu'elle existe quelque part.

La ligne sur laquelle j'ai le plus hésité, c'est celle du modèle, et c'est celle que je défends le plus. Tout le monde arrive persuadé qu'il faut apprendre à écrire des prompts magiques, et personne ne regarde le menu déroulant en haut de l'écran. J'ai développé ce point ailleurs, dans un article plus ancien sur l'écriture d'un prompt, et il n'a pas vieilli.

Les cinq mots du doute

Celle-ci n'apprend rien à ce public. Ces cinq mots sont déjà son métier. Ils changent seulement d'objet, et c'est tout l'intérêt de les écrire.

MotCe que ça veut dire
AnomalieUn écart entre ce qui devrait être et ce qui est.
SignalementCe que la machine propose de regarder de plus près. Un point de départ, jamais une conclusion.
RecoupementVérifier une information par une seconde source indépendante. Redemander au même outil n'est pas un recoupement.
Prémisse fausseUne question qui contient déjà une erreur. Le modèle répondra quand même, et il construira sur l'erreur.
AI slopLe rendu générique et immédiatement reconnaissable d'un contenu produit sans intention : même structure, même vocabulaire, même absence. Ce qu'on cherche à ne pas rendre.

« Redemander au même outil n'est pas un recoupement » est la ligne que je tiens le plus. Elle vaut pour l'IA, elle valait déjà pour les sources humaines, et elle tombe dès qu'on est content d'une réponse.

Le glossaire, en PDF

50 mots, 6 pages, aucun nom de produit. Le PDF pour lire et imprimer, le Markdown brut pour le poser dans Obsidian, Notion, un dépôt, ou le donner à lire à un agent. Même logique que le catalogue de 79 prompts publié en août.

Libre d'usage, sans inscription. Si un mot vous manque, écrivez-moi : cette feuille grossit à chaque question reçue.

L'aide-mémoire Claude : trois portes, un seul moteur

L'autre feuille répond à une question posée dix fois par jour dans une salle : ça s'appelle comment, et ça se met où ?

Le malentendu numéro un, c'est de croire qu'il existe trois Claude. Il y a le même moteur derrière trois portes, et ce qui change d'une porte à l'autre, c'est ce qu'on l'autorise à toucher.

Le siteL'applicationClaude Code
claude.ai, dans un navigateurà installer sur l'ordinateur ou le téléphonedans un terminal
Ce qu'il touchece que vous collez ou déposezpareil, plus ce que vous branchezles vrais fichiers de votre disque
Ce que ça coûteun compte gratuit suffit pour commencerpareilun abonnement payant

Plus la porte donne d'accès, plus la vigilance monte. Un outil qui ouvre vos fichiers n'est pas plus sûr parce qu'il est plus puissant. C'est l'inverse.

Le mode plan, le geste que je ferais installer partout

Si je ne devais garder qu'une ligne de ces 8 pages, ce serait celle-là.

L'outil lit, comprend, annonce ce qu'il compte faire, puis il s'arrête. Rien ne bouge tant que vous n'avez pas dit oui.

Pour un public de contrôleurs, l'analogie tombe toute seule. C'est la note qui monte avant la décision : la machine propose, l'humain arbitre, l'exécution ne commence qu'après. Le mode plan rend obligatoire ce qu'on faisait de mémoire.

Le geste complet tient en trois temps : passer en mode plan, lire le plan en entier, le refuser au moins une fois. Un plan qu'on n'a jamais refusé est un plan qu'on n'a pas lu.

C'est aussi la porte d'entrée vers ce que j'appelais l'IA agentique il y a un an et demi : à partir du moment où l'outil agit au lieu de répondre, la question n'est plus la qualité de la réponse, c'est la nature de la délégation.

Skill, plugin, connecteur : la note, le classeur, la clé

Trois mots qui s'emploient de travers, et l'analogie qui les sépare :

  • Le skill est un mode opératoire écrit une fois dans un fichier, rechargé quand il sert. C'est une note de service : écrite une fois, elle vaut pour tous les dossiers. Une consigne dite dans une conversation meurt avec elle ; une consigne écrite dans un skill se corrige à un seul endroit.
  • Le plugin est un paquet qui apporte plusieurs skills d'un coup. C'est le classeur de procédures d'un service entier. Un plugin exécute du code sur votre machine : n'en installez aucun dont vous ne connaissez pas l'auteur.
  • Le connecteur branche l'outil sur un service qui contient vos vraies données : messagerie, agenda, fichiers. C'est une clé qu'on remet à quelqu'un, et elle ouvre pour de vrai.

Le connecteur est la seule ligne de la feuille qui fait sortir du bac à sable. Tout le reste travaille sur ce que vous collez ; un connecteur travaille sur ce qui existe déjà, sans que vous l'ayez relu. Ajoutez à ça l'injection de prompt, où un courriel ou une page web que l'outil lit contient des instructions cachées qu'il exécute, et vous avez la situation la plus délicate de tout ce dossier. La règle qui protège tient en cinq mots : ce qui est lu est une donnée, pas un ordre.

Cette règle-là rejoint mon autre métier. Je passe une partie de l'année sur des incidents de sécurité, et le schéma est toujours le même : quelque chose qui aurait dû être traité comme du contenu a été traité comme une instruction.

Les cinq erreurs de la première semaine

L'erreurCe qu'il fallait faire
Tout traiter dans le même fil, pendant trois jours/clear à chaque nouveau sujet. Un dossier, un fil
Laisser tourner sans lire le planmode plan, plan lu en entier, refusé au moins une fois
Retaper la même consigne à chaque sessionl'écrire une fois dans un skill, ou dans le fichier de contexte
Installer six plugins le premier jourun seul, claude-code-setup, et voir ce qui manque vraiment
Brancher un connecteur « pour voir »décider avant de cocher ce que ce branchement expose

La cinquième est celle qui coûte le plus cher, et c'est la plus facile à commettre : cocher une case prend deux secondes, mesurer ce qu'elle ouvre prend une réunion.

Ce qui se périme, ce qui reste

Les noms de commandes de cette feuille ont été relevés le 7 septembre 2026, sur Claude Code 2.1. Dans six mois, certains auront changé. C'est écrit en pied de chaque page, exprès.

Une chose n'a pas d'équivalent dans le produit, et c'est la plus utile : la passation. En fin de session, un fichier écrit à la main, qui dit ce qui a été fait, ce qui reste, et les décisions prises avec leur motif. La session suivante commence par le lire.

Il n'existe aucune commande pour ça. Ni /handoff, ni raccourci, dans aucun de ces outils. C'est une pratique, et ça ne s'automatise pas : une passation est un acte de responsabilité, pas une fonction. Un dossier se reprend par un successeur, six mois plus tard, sur pièces. Ce qui n'est pas écrit n'existe pas.

C'est la seule phrase de ces deux feuilles que je n'ai pas eu à justifier en l'écrivant. Un contrôleur l'applique déjà à ses dossiers ; la nouveauté, c'est que la machine ne la respecte pas toute seule.

L'aide-mémoire, en PDF

8 pages : les trois portes, les six objets, le mode plan, la table des commandes, les skills, les plugins, les connecteurs, et ce qui survit à la fermeture de la fenêtre.

Niveau « aller plus loin ». Si vous débutez, prenez le glossaire d'abord.

Pourquoi je les publie

Deux raisons, et aucune n'est commerciale.

D'abord le rapport. Ces deux feuilles représentent des journées d'écriture pour une salle de deux personnes. Les laisser dans un dossier partagé serait absurde, et le contenu n'a rien de confidentiel : aucun nom de client, aucune donnée, aucun cas réel.

Ensuite, les glossaires IA écrits par une IA commencent à me fatiguer. Ils définissent les mots par leur étymologie, citent tous les mêmes vingt termes, et aucun ne dit à quoi le mot sert. Celui-ci est écrit pour une salle précise, avec des contraintes précises : outils gratuits, zéro donnée réelle, un public qui n'a pas le droit à l'erreur sur le secret professionnel. Ces contraintes se voient dans le texte, et c'est ce qui le rend utile ailleurs.

La phrase que je garderais si je n'en gardais qu'une : la machine ne sait pas qu'elle ne sait pas. Le contexte qu'on surveille, la source qu'on recoupe, la donnée qu'on ne dépose pas, la signature qui reste la vôtre : tout découle de là.

Questions fréquentes

C'est quoi un token, en une phrase ? Ce n'est ni un mot ni une lettre, c'est un fragment de texte, l'unité que le modèle manipule. En français, environ 3 caractères. Une page A4 pèse 500 à 700 tokens.

Une hallucination, c'est une panne ? Non. C'est le fonctionnement normal appliqué à une question dont le modèle n'a pas la réponse. Il produit une réponse fausse avec la même assurance qu'une réponse juste, et rien dans l'affichage ne les distingue.

Faut-il payer pour commencer ? Non. Un compte gratuit suffit pour tout ce que décrit le glossaire. Seul Claude Code, qui travaille sur les fichiers du disque, demande un abonnement.

Puis-je déposer un document confidentiel de mon entreprise dans une IA grand public ? Non, pas par défaut. Le texte part sur un serveur distant, souvent dans un autre pays, au moment où vous appuyez sur Envoyer. La question se règle avant, par une ligne directrice écrite, pas au cas par cas devant l'écran.

Ces feuilles sont-elles réutilisables en interne ? Oui, en citant la source. C'est fait pour circuler. Si vous voulez la formation qui va avec, elle existe.

Et si vous voulez la formation qui va avec

Ces deux feuilles sortent d'une formation à l'IA de trois jours : les mots, les gestes, puis la gouvernance (secret professionnel, RGPD, ligne directrice de déploiement). Je l'anime en entreprise et pour des organismes de formation, en français, sur outils gratuits.

// julienweb.fr/ressources-ia

Ressources IA : six documents libres pour débuter

Les supports de ma formation « Initiation à l'IA », à lire en ligne ou à télécharger en PDF : les huit gestes, l'antisèche des prompts, le glossaire, 159 usages, l'annuaire des outils testés et l'aide-mémoire Claude.

Voir les six documents →

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Julien Guézennec

Développeur web full stack senior basé à Pantin (93), créateur du studio julienweb.fr. Expert en conception digitale depuis 1998, il accompagne entreprises, startups et indépendants dans la création de sites web sur-mesure, performants, responsives et orientés UX. Il maîtrise l'ensemble de la chaîne web : développement front et back-end, WordPress, SEO, accessibilité, design UI, datavisualisation, IA et web 3D.

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Julien Guézennec

Développeur web full stack senior basé à Pantin (93), créateur du studio julienweb.fr. Expert en conception digitale depuis 1998, il accompagne entreprises, startups et indépendants dans la création de sites web sur-mesure, performants, responsives et orientés UX. Il maîtrise l'ensemble de la chaîne web : développement front et back-end, WordPress, SEO, accessibilité, design UI, datavisualisation, IA et web 3D.

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