Forêt de Fontainebleau rouverte : la carte des zones encore interdites
Trente-six jours de forêt fermée, et pour seule information officielle un PDF scanné à la carte illisible. Alors j'ai reconstruit l'information : OCR par IA, contours OpenStreetMap, carte interactive. Depuis le 22 août la forêt rouvre, et cette fois l'ONF publie enfin sa propre carte. Le 1er septembre, il a réduit le périmètre encore interdit. J'ai arrêté ce suivi le 6 septembre 2026 : cet article reste comme archive de l'épisode, et l'état du jour se lit maintenant chez l'ONF.
26 juillet 2026 • mis à jour le 6 septembre 2026 • 5 min de lecture • Julien, webmaster à Pantin (93)
Suivi arrêté le 6 septembre 2026 : dernier état relevé le 1er septembre, environ 2 840 hectares encore interditsLa chronologie complète : un premier arrêté le 17 juillet, remplacé par le n°1223 du 24 juillet (Fontainebleau, Trois-Pignons, Commanderie, jusqu'au 31 juillet), puis l'arrêté du 29 juillet qui ajoute Nanteau-Poligny et Nemours, les n°1300 et 1301 du 6 août, les n°1323 et 1324 des 13 et 14 août, et enfin le n°1349 du 21 août, qui lève la fermeture totale à compter du 22. Soit trente-six jours de forêt fermée, reconduits six fois, puis une réouverture à 80 %, puis un périmètre réduit une nouvelle fois le 1er septembre par simple mise à jour de la carte de l'ONF, sans nouvel acte.
Pourquoi ça s'arrête : en juillet, il n'existait aucune carte exploitable, d'où celle-ci. Depuis le 21 août, l'ONF publie la sienne en données ouvertes. La raison d'être de ma carte a disparu, et c'est la meilleure fin possible pour un outil de ce genre.
L'arrêté n°1349 court jusqu'au 15 septembre 2026 inclus : ce qui se décide après cette date n'est pas raconté ici. Pour l'état en vigueur, voir la carte officielle de l'ONF et sa page de situation.
Aucun nouvel arrêté n'accompagne ce changement, et c'est cohérent : l'arrêté du 21 août ferme les secteurs « délimités sur la carte annexée », et cette carte porte elle-même la mention « susceptible d'évoluer ». Le périmètre peut donc se réduire sans nouvel acte publié, du moment que l'ONF met sa carte à jour.
Ce qui n'a pas bougé : l'arrêté n°1349 court jusqu'au 15 septembre 2026 inclus (son article 1er), et la page « Accès massifs forestiers » de la préfecture est toujours figée au 14 août, à annoncer une fermeture totale levée depuis dix jours.
Cette fois, l'ONF publie sa propre carte, en données ouvertes. Ma carte reprend désormais sa géométrie telle quelle, sans redessin. C'est exactement ce que cet article réclamait en juillet.
Attention à la source : la page « Accès massifs forestiers » que citait cet article est restée figée au 14 août et annonçait encore une interdiction totale trois jours après la réouverture. La bonne page est celle de l'ONF, et le communiqué de la préfecture.
Je rentre de Samoreau, en bord de Seine, à deux pas de la forêt. L’odeur de brûlé est encore dans l’air. Les incendies de juillet ont laissé des traces, et une question toute simple au retour : où a-t-on encore le droit de marcher ?
Réponse officielle : un arrêté préfectoral. En PDF. Scanné. Avec en annexe une carte tellement compressée qu’on n’y distingue ni les routes, ni les limites, ni même le nom des massifs. Une carte publique illisible, c’est une information qui n’existe pas.
Alors j’ai fait ce que je sais faire : j’ai reconstruit l’information. En une soirée, avec de l’IA et des données ouvertes. La carte interactive est juste en dessous.
Ce que dit l'arrêté, en clair
L’arrêté n°2026/CAB/SIDPC/1223, signé le 24 juillet 2026 par le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory (il remplace un premier arrêté du 17 juillet), ferme trois massifs forestiers : la forêt de Fontainebleau, la forêt des Trois-Pignons et la forêt de la Commanderie.
- Accès, circulation et présence interdits au public, sur l’ensemble des trois massifs
- Jusqu’au 31 juillet 2026 inclus (date de l’arrêté du 24 juillet : l’interdiction a ensuite été prorogée six fois de suite jusqu’au 21 août, avant d’être levée à 80 % le 22 août par l’arrêté n°2026/CAB/SIDPC/1349)
- Réouverture ensuite, sauf prolongation : la décision appartient à la préfecture de Seine-et-Marne, qui publie ses points de situation incendies au fil de l’eau
- La mesure vise la protection des personnes : sols encore chauds, arbres fragilisés, moyens de secours mobilisés
Ce texte a tenu trente-six jours, prorogé six fois de vendredi en vendredi. Il est aujourd’hui remplacé par l’arrêté n°2026/CAB/SIDPC/1349 du 21 août, en vigueur jusqu’au 15 septembre 2026 inclus, qui inverse la logique : ce n’est plus le massif qui est fermé, ce sont des secteurs précis (les parcelles brûlées et leur glacis de sécurité). Le reste de la forêt est rouvert. Sur le terrain, la limite est matérialisée par des panneaux, des ganivelles et des barrières, et surveillée par la police, la gendarmerie, l’ONF et l’OFB.
La carte interactive des massifs fermés
En vert : la forêt rouverte au public depuis le 22 août 2026. En rouge : les zones qui restent interdites. Parcelles incendiées et glacis de sécurité, neuf secteurs pour environ 2 840 hectares dans l’état publié le 1er septembre 2026. Cette carte est figée depuis le 6 septembre 2026 et n’est plus mise à jour : pour l’état en vigueur, voir la carte officielle de l’ONF. Ces contours rouges ne sont plus les miens : ce sont ceux de la carte officielle de l’ONF, reprise sans modification. Les limites des massifs viennent d’OpenStreetMap et de la BD TOPO de l’IGN. En cas de doute sur une zone précise, le texte de l’arrêté fait foi, pas ma carte : je suis webmaster, pas préfet.
Une information vitale, publiée en format mort
Je n’invente rien : la seule information officielle disponible était un PDF de 4 pages, scanné, avec une carte en annexe en page 4. Illisible à l’écran, illisible imprimée, illisible zoomée. Impossible d’y vérifier si tel parking, tel sentier ou telle commune est dans le périmètre.
La forêt de Fontainebleau, ce sont des millions de visites par an. Des grimpeurs, des randonneurs, des familles, des touristes qui ne lisent pas le français administratif. Et l’information qui conditionne leur sécurité (et une amende potentielle) tient dans un scan flou.
Ce n’est pas une critique des agents : c’est l’été, les services sont sous l’eau, et l’arrêté a été publié vite, ce qui est déjà bien. C’est une critique du format. En 2026, publier une interdiction géographique sans donnée géographique exploitable, c’est laisser chacun deviner.
La méthode : OCR par IA + données ouvertes
La méthode tient en trois étapes, et elle est reproductible pour n’importe quel arrêté du même genre :
- Lire l’illisible. Le PDF scanné ne contient pas de texte : extraction classique impossible. Je l’ai converti en images et fait lire par l’IA (vision Claude), page par page. Résultat : le texte intégral de l’arrêté, vérifiable, avec numéro, dates et articles. C’est la même approche que j’utilise pour archiver et fiabiliser mes documents administratifs : l’IA lit, l’humain vérifie.
- Récupérer les vrais contours. Les limites officielles des trois massifs existent déjà en données ouvertes dans OpenStreetMap : des polygones précis, maintenus par la communauté, interrogeables par API. Pas besoin de redessiner quoi que ce soit : la donnée publique existait, il suffisait d’aller la chercher.
- Afficher proprement. Une page HTML autonome avec Leaflet, la bibliothèque open source de cartographie : fond de carte, trois polygones rouges, une légende. Zoomable, lisible sur téléphone.
Le tout piloté depuis mon poste avec Claude Code, mon copilote de travail quotidien (j’ai raconté comment je travaille avec Claude Code par ailleurs). Une soirée de travail, zéro budget, zéro logiciel propriétaire.
Et puisque la méthode ne vaut que si elle est vérifiable : tout le code est en ligne. Le dépôt contient la page Leaflet, les trois polygones OpenStreetMap et un README qui documente la démarche, y compris les pièges que j’ai payés (Overpass qui renvoie 406 sur un User-Agent générique, Leaflet qui rend une page blanche si on ajoute les calques avant le setView(), pdftotext qui rend une chaîne vide sur un scan). Prenez-le et refaites-le pour votre département.
🌲 Open source · Reproductible
molokoloco / feux-foret-carte
Tout le code de la carte est public : la page Leaflet, les trois polygones OpenStreetMap, la méthode et les pièges. Forkez-la pour votre département, l'été prochain.
Le code est sous licence MIT, les contours viennent d’OpenStreetMap sous licence ODbL. Un git clone, un double-clic sur index.html, et la carte tourne : sans serveur, sans build, sans compte. molokoloco/feux-foret-carte
Questions pratiques, réponses courtes
La forêt de Fontainebleau est-elle encore fermée ?
Non, plus en totalité. Depuis le samedi 22 août 2026, 80 % du massif (18 000 hectares) est rouvert au public, en application de l’arrêté n°2026/CAB/SIDPC/1349 du 21 août, qui court jusqu’au 15 septembre 2026 inclus. Le 1er septembre, l’ONF a encore réduit la part interdite. La fermeture totale aura duré du 17 juillet au 21 août, prorogée six fois. Réponse arrêtée au 6 septembre 2026 : au delà du 15 septembre, l’état dépend de ce que décide la préfecture, et cette page ne le dit pas.
Qu’est-ce qui reste interdit ?
Les parcelles brûlées en juillet et une zone « tampon » autour d’elles, appelée glacis : environ 2 840 hectares au total d’après la géométrie publiée le 1er septembre 2026, dernier état relevé ici, répartis en neuf secteurs, principalement du côté des Trois-Pignons. Ils étaient près de 4 800 hectares, en six secteurs, à la réouverture du 22 août. L’interdiction y couvre l’accès, la circulation et la présence.
Et si j’entre quand même dans une zone rouge ?
Vous risquez une verbalisation tant que l’interdiction court : au 1er septembre 2026, le périmètre était surveillé par la police, la gendarmerie, l’ONF et l’OFB. Surtout, vous marchez sur un sol où le feu couve encore dans la tourbe, sous des arbres dont les racines ont brûlé et qui tombent sans prévenir. Ça ne vaut pas la balade.
Où vérifier l’info officielle ?
Sur la carte interactive de l’ONF et sa page de situation, mises à jour au fil de la sécurisation. Cette page-ci n’est plus mise à jour depuis le 6 septembre 2026 : en cas de doute, c’est la carte de l’ONF qui fait foi, pas la mienne. Côté préfecture, méfiance : au 6 septembre 2026, la page thématique « Accès massifs forestiers » était toujours figée au 14 août, et c’est la salle de presse qui portait la réouverture.
Pourquoi je raconte ça ici
Parce que c’est exactement mon métier, vu sous un angle inhabituel. Mon quotidien, c’est rendre l’information exploitable : des sites qui se lisent, des données qui se trouvent, des documents qui servent. Qu’il s’agisse du site d’un artisan de Pantin, d’une prospection locale construite sur des cartes ou d’un arrêté préfectoral, le problème est le même : une information qui n’atteint pas les gens qu’elle concerne ne sert à rien.
Et parce que la solution n’a rien d’extraordinaire. Données ouvertes + IA + outils libres : tout était disponible, gratuitement, pour n’importe qui sachant assembler les briques. C’est ça le vrai message : ces outils existent, autant s’en servir.
Et après ?
- C’est fait. Cet article a suivi les six prorogations, puis la réouverture du 22 août, puis la réduction du périmètre du 1er septembre : une information qui changeait chaque semaine. Depuis le 21 août, l’ONF publie la donnée lui-même, ce qui rend ma reconstruction inutile sur ce massif : c’est le meilleur résultat possible.
- Ce suivi s’arrête le 6 septembre 2026. L’article et la carte restent en ligne comme archive, avec leurs dates. Ils ne bougeront plus : l’état en vigueur se lit chez l’ONF.
- Le code, lui, reste utile. Sous licence MIT, documenté avec ses pièges, prêt à être repris pour un autre massif ou un autre département. Si vous voulez le faire tourner chez vous, écrivez-moi.
Sites web, données, documents, cartes : je transforme l'information brute en outils que vos clients comprennent. Webmaster à Pantin (93) depuis 1998, référencé Cyber.gouv.fr, Activateur France Num. Devis 24h. Pas de blabla, du concret : on en parle.












