E-commerce · obligatoire depuis le 19 juin 2026
Bouton de rétractation : la ligne que votre boutique doit afficher depuis le 19 juin 2026
Toute boutique qui vend en ligne à des particuliers doit proposer un bouton de rétractation. Ce que disent les textes, le parcours monté sur une boutique de démonstration, et huit tests pour contrôler la vôtre.
17 septembre 2026·Julien Guézennec·10 min de lecture
Le 19 juin 2026, un alinéa s'est ajouté à l'article L.221-21 du Code de la consommation. Aucun mail de WooCommerce, aucune bannière dans l'admin de PrestaShop. Pourtant, depuis ce jour, toute boutique qui vend en ligne à des particuliers doit proposer un bouton de rétractation : un chemin gratuit, visible, pour annuler un achat sans écrire de courrier ni chercher une adresse mail.
France Num a publié sa fiche sous le nom de « rétractation en 1 clic ». Le nom est trompeur, on y revient plus bas. Comme activateur France Num, c'est typiquement le genre de sujet sur lequel on m'appelle trois mois trop tard. Voici ce que disent les textes, qui est concerné, et comment vérifier votre boutique en dix minutes.
ATTENTION : je suis webmaster, pas juriste. Ce qui suit décrit les textes et leur mise en œuvre technique. Pour vos CGV, faites valider par un avocat ou votre fédération.
Bouton de rétractation : ce que la loi demande
L'origine est européenne : la directive (UE) 2023/2673 a créé une « fonction de rétractation » dans la directive sur les droits des consommateurs. La France l'a transposée par l'ordonnance n° 2026-2 et le décret n° 2026-3 du 5 janvier 2026.
Le principe tient dans L.221-21 : pour un contrat conclu à distance via une interface en ligne, le professionnel met à disposition, sans frais, une fonctionnalité pour exercer le droit de rétractation avant la fin du délai de 14 jours de l'article L.221-18.
Le détail technique est dans l'article D.221-5. Cinq exigences :
- Un libellé clair : « renoncer au contrat ici », ou une formule analogue sans ambiguïté. « Service client » ou « Contact » ne comptent pas.
- Visible et accessible directement, pendant toute la durée du délai de rétractation. Pas au fond d'un PDF de CGV.
- Une déclaration en ligne où le client indique son nom, de quoi identifier le contrat (numéro de commande), et le moyen électronique où recevoir l'accusé.
- Un bouton de confirmation : « confirmer la rétractation », ou une formule équivalente.
- Un accusé de réception, envoyé dans un délai raisonnable sur support durable (un mail suffit), avec le contenu de la déclaration, la date et l'heure de l'envoi.
Rien n'impose un plugin, un logiciel en abonnement ou un design. Un formulaire bien fait sur une page bien liée peut suffire, à condition de cocher les cinq cases.
Votre boutique est-elle concernée ?
Oui si vous vendez à des particuliers, à distance, par une interface en ligne : site, appli, tunnel de commande. Le texte parle « du professionnel », sans seuil de chiffre d'affaires. Une micro-entreprise qui vend trois bougies par semaine est concernée comme un site qui en vend trois mille.
Non si vous vendez uniquement à des professionnels (B2B), ou si le produit n'ouvre pas de droit de rétractation du tout. La liste des exceptions est à l'article L.221-28, elle n'a pas bougé :
- biens confectionnés selon les spécifications du client ou nettement personnalisés
- biens qui se périment rapidement
- biens descellés qui ne peuvent pas être renvoyés pour des raisons d'hygiène
- enregistrements audio, vidéo ou logiciels descellés
- hébergement, transport, restauration, loisirs à date déterminée
- et quelques autres, à lire dans le texte
Le cas piégeux, c'est le catalogue mixte : des bijoux standards et des bijoux gravés au prénom. Le bouton doit exister pour les premiers, et le formulaire doit savoir dire non pour les seconds. C'est là qu'un module « clé en main » montre vite ses limites.
Les contrats conclus avant le 19 juin 2026 restent sous l'ancien régime.
« En 1 clic », c'est au moins deux
Le nom de la fiche France Num a fait son chemin, et il est faux. Le texte impose un lien, puis une déclaration, puis un bouton de confirmation. Le client clique au minimum deux fois, et il remplit un formulaire entre les deux. Le « 1 clic » décrit l'intention (pas de parcours du combattant), pas le nombre de clics ^^
Pour les captures, j'ai monté le parcours sur une boutique de démonstration, « Atelier Cire & Mèche » : WordPress, WooCommerce, trois bougies, une commande de test, et un petit module écrit pour l'occasion, sans extension tierce. Camille Martin, la cliente de la commande n° 16, n'existe pas ^^
1. Le lien. Le client voit « Renoncer au contrat ici » en pied de page, sur toutes les pages. Le même lien est dans son espace client et dans le mail de confirmation de commande.




Le texte ne dit pas si le client doit pouvoir le faire sans compte. Beaucoup de commandes se passent en invité. Un bouton caché derrière une connexion n'est pas « directement accessible » pour ces clients-là : je mets toujours le lien en pied de page, accessible à tous.
Ce qu'on risque
Le manquement est sanctionné par une amende administrative prononcée par la DGCCRF : jusqu'à 15 000 € pour une personne physique, 75 000 € pour une personne morale (article L.242-13).
Plusieurs sites annoncent aussi un délai de rétractation prolongé à 12 mois si le bouton manque. Je n'ai pas trouvé cette règle attachée au bouton dans les textes de 2026. Ce qui existe depuis longtemps, c'est l'article L.221-20 : si le client n'a pas reçu l'information sur son droit de rétractation, le délai est prolongé de douze mois. Une boutique sans bouton a souvent aussi des CGV qui n'en disent rien : les deux problèmes voyagent ensemble.
Et sans bouton, le client garde son droit : il peut toujours se rétracter par « toute autre déclaration dénuée d'ambiguïté ». Un mail, un message sur Instagram. Le bouton, c'est aussi ce qui vous évite de traiter des rétractations arrivées par tous les canaux.
WooCommerce, PrestaShop, Shopify : les options
Relevé le 17/09/2026, prix affichés par les éditeurs. Je ne les ai pas tous testés, la liste sert à savoir ce qui existe.
WooCommerce
- EasyReturn : extension gratuite et open source, formulaire, mail de confirmation, tableau de bord.
- BackToMe : logiciel en abonnement, 25 € HT par mois ou 250 € HT par an par boutique. Existe aussi pour Shopify et PrestaShop.
- Fait main : c'est ce que montrent les captures plus haut. Une page, un formulaire, un mail automatique qui reprend le contenu, la date et l'heure, et une note dans la commande. Environ 140 lignes de PHP. Un constructeur de formulaires (Contact Form 7, Gravity Forms, Fluent Forms) fait une partie du travail, mais il ne sait pas écrire dans la commande WooCommerce. Gratuit dans les deux cas, et tout le parcours reste à tester.
PrestaShop
- Plusieurs modules sont sortis avant l'échéance, par exemple celui de Prestaify à 69 € avec un an de mises à jour. Vérifiez la compatibilité avec votre version (1.7, 8 ou 9) avant d'acheter.
Shopify
- Pas de fonction native repérée à cette date. Des applications payantes existent, et une méthode sans application payante, avec Shopify Forms, Messaging et Flow, est décrite pas à pas par Clickroad.
Quel que soit l'outil, trois choses restent à faire à la main : placer le lien aux bons endroits, gérer les produits exclus, et mettre les CGV d'accord avec le parcours. Aucun plugin ne relit vos CGV.
La checklist : 8 tests pour savoir si votre boutique est en règle
Prenez une commande test (ou une vraie commande récente) et une fenêtre de navigation privée.
- Le lien existe : cherchez « renoncer » dans la page d'accueil. Trouvé en pied de page ? Bon début.
- Le libellé est clair : « Renoncer au contrat ici » ou équivalent. Pas « Aide », pas « SAV ».
- Il est accessible sans compte : navigation privée, pas de connexion, le formulaire s'ouvre.
- Le formulaire demande le bon minimum : nom, numéro de commande, adresse mail. Pas de motif obligatoire : le client n'a pas à se justifier.
- Le bouton final dit ce qu'il fait : « Confirmer la rétractation ». Pas « Envoyer ».
- L'accusé arrive : dans votre boîte, pas dans les spams, avec le texte de la déclaration, la date et l'heure. Test sur Gmail et sur Outlook. Et vérifiez l'heure contre votre montre : la première version de mon module de démo horodatait avec deux heures d'avance, le fuseau horaire compté deux fois. Un accusé qui ment sur l'heure, c'est une preuve qui ne vaut rien le jour d'une contestation.
- La boutique le reçoit aussi : la déclaration arrive chez vous (mail, statut de commande), sinon vous ne remboursez jamais dans les 14 jours.
- Les CGV disent la même chose : délai, exceptions, lien vers la page. Si les CGV parlent encore d'un courrier recommandé, il y a un souci.
Huit oui, et la partie technique est probablement en règle. Un seul non, et il y a du travail, souvent moins d'une demi-journée.
Deux précautions au passage. Faites une sauvegarde de votre site avant d'installer une extension sur une boutique qui tourne. Et un formulaire public attire le spam : un anti-spam sans captcha pénible (honeypot, Turnstile) évite de recevoir cinquante fausses rétractations par jour.
Ne pas confondre avec la résiliation en 3 clics
Deux obligations, deux articles, deux parcours.
| Rétractation | Résiliation en 3 clics | |
|---|---|---|
| Ce que ça fait | annuler un achat récent | mettre fin à un abonnement |
| Délai | 14 jours après la commande ou la livraison | à tout moment, selon le contrat |
| Libellé | « renoncer au contrat ici » | « résilier votre contrat » |
| Texte | L.221-21 et D.221-5, depuis le 19/06/2026 | L.215-1-1, depuis le 01/06/2023 |
Faites glisser le tableau →
Une boutique qui vend des box par abonnement doit avoir les deux, et ils ne se remplacent pas.
Ce que je fais pour vous
Je mets les boutiques en conformité, sur WooCommerce, PrestaShop et Shopify.
- Contrôle du parcours : offert. Vous m'envoyez l'adresse de la boutique, je passe les 8 tests et je vous réponds en quelques lignes.
- Mise en conformité : 290 € par boutique. Choix et installation de l'outil (gratuit quand c'est possible), lien aux bons endroits, formulaire, accusé de réception horodaté, test complet du parcours avec captures, modèle de clause pour vos CGV à faire valider.
- Cas complexes : sur devis, au tarif journée de la grille des tarifs. Catalogue avec produits exclus, abonnements qui demandent aussi la résiliation en 3 clics, plusieurs boutiques.
Montants nets, TVA non applicable (article 293 B du CGI). Le détail est sur la page création et mise en conformité de site e-commerce. Si la boutique a d'autres soucis en chemin (mises à jour en retard, extension abandonnée), c'est le métier de la maintenance.
Lire aussi
- JulienWeb.fr est activateur France Num : ce que ça change pour une TPE qui veut se faire accompagner.
- Guide de sauvegarde d'un site web : à faire avant toute intervention sur une boutique.
- Mettre un site WordPress en pause : couper proprement quand une mise à jour tourne mal.
- Référencé sur Cybermalveillance.gouv.fr : le jour où la boutique se fait pirater.
Votre boutique affiche-t-elle son bouton de rétractation ? Envoyez-moi son adresse, je vous le dis.
JG
Votre boutique est-elle en règle ?
Envoyez-moi son adresse : je passe les huit tests et je vous réponds en quelques lignes. C'est offert. La mise en conformité complète coûte 290 € par boutique, montant net.












